Fabien Wohlschlag, vos passions touchant à la faune et la flore sont nombreuses, sur quels projets travaillez-vous actuellement?

Oui, il est vrai que je travaille sur plusieurs projets en parallèle. Mon métier principal est cameraman et à côté de cela, j’ai aussi développé ma passion pour la photo animalière que vous pouvez découvrir sur mon site ou sur Instagram.

Je prépare pour le moment mes prochains voyages qui se dérouleront en Afrique du Sud et au Canada et qui seront tous deux consacrés à la disparition d’animaux emblématiques de ces régions, c’est-à-dire le rhinocéros et l’orque.

L’un sera pour la série Alerte Bleue coproduite par la RTS sur YouTube et l’autre pour ma propre chaîne YouTube fabwildpix.

D’où vous vient cette passion pour la nature?

Depuis tout petit, j’ai toujours aimé observer les insectes et les animaux. Adolescent, en grandissant en ville, je me suis un peu éloigné de la nature mais je passais beaucoup de temps à regarder en boucle des documentaires animaliers sur l’Afrique sur de vieilles cassettes VHS.

Plus tard, j’ai commencé à prendre en photo les bouquetins et les marmottes que je rencontrais au hasard lors de mes randonnées en montagne. Puis petit à petit, mon but a été de faire des randonnées spécialement pour voir les animaux dans leur milieu naturel.

Quel est l’état de la biodiversité en Suisse?

Comme partout ailleurs dans le monde, elle est malheureusement menacée par la pression démographique et nos modes de consommations délétères. Chaque année, des territoires et des espèces disparaissent et lorsque l’on s’en rend compte, c’est généralement trop tard.

Que faire pour inverser cette tendance?

Une réponse très simple serait de mettre la nature sous cloche, c’est-à-dire créer des zones où l’homme ne pourrait pas aller. Mais ce n’est bien sûr pas une solution, car ce qu’il faudrait véritablement, c’est que nous puissions vivre au sein de la nature sans la détruire.

L’éducation et la sensibilisation des jeunes à la préservation de la nature et de sa diversité sont dès lors en tête de liste en ce qui concerne le combat pour la protection de la biodiversité.

Comment avez-vous constaté que la biodiversité était en péril en Suisse?

Quand j’étais petit, je voyais souvent des vers luisants en été. Aujourd’hui, je n’en vois plus du tout. Cette disparition est directement liée aux activités humaines de par l’utilisation de pesticides et autres produits chimiques mais aussi en raison de la pollution lumineuse!

Les éclairages publics à outrance, et en constante augmentation, nuisent aux vers luisants qui utilisent une faible lumière pour se localiser dans la nuit afin de se reproduire.

La conséquence est qu’ils ne se trouvent plus et les populations déclinent. Comme dans la nature tout est bien réglé, la disparition d’une petite bête entraînera celle d’une plus grosse et ainsi de suite. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Quelles sont les initiatives que vous soutenez?

Je suis un grand fan des festivals et des fêtes de la nature qui sont organisées un peu partout en Suisse car elles mettent la nature au centre, permettent l’éveil des tout-petits et apprennent aussi souvent beaucoup aux parents.

Quelle est votre région préférée?

Nous sommes vraiment gâtés en Suisse et toutes les régions présentent des richesses particulières. Mais je dois dire que ma région de prédilection reste celle autour de chez moi, c’est-à-dire les environs de Genève et le long du Rhône.

Il s’agit d’un territoire à la biodiversité incroyable mais fragile. Comme Genève est le seul canton où la chasse est interdite, on peut y suivre des individus sur plusieurs saisons. C’est vraiment une expérience formidable que de voir des cerfs et des sangliers grandir et évoluer au fil des ans.