Toute personne qui maltraite un animal en Suisse...

...peut se voir infliger une peine privative de liberté de trois ans au maximum. Abandonner son chat ou son chien en pleine nature dans le but de s’en défaire relève du même chef d’accusation. Exagéré? Pas vraiment au regard des souffrances que l’être humain a infligées aux animaux pendant des siècles; cela à des fins purement utilitaristes, égoïstes, ludiques ou sadiques.

L’animal a toujours été considéré comme une espèce inférieure et par conséquent, soumise au despotisme de l’être humain. Ainsi, sous la pression d’associations de défenses des animaux, mais aussi par une prise de conscience éthique, la Confédération a fini par réagir, non seulement en légiférant, mais aussi en reconnaissant à l’animal un statut d’être vivant sensible à la douleur et à l’anxiété.

Les textes font notamment référence aux vertébrés (domestiques tout autant que sauvages et d’élevage). La préservation des autres espèces animales entre dans le giron des lois liées à la protection de la faune et de la flore.

«Informer plutôt que réglementer»

La LPA concerne les particuliers tout autant que les professionnels des secteurs industriels de l’élevage, de l’abattage, du transport animalier, du gardiennage, du dressage et de l’expérimentation scientifique.

Sans entrer dans le débat enflammé qui oppose aujourd’hui les antispécistes aux spécistes, nous pouvons tout de même considérer que l’animal de ce début de XXIe siècle est mieux traité que par le passé.

Par ailleurs, même si elle n’est pas encore flagrante, force est de constater une évolution positive des mentalités et des comportements humains vis-à-vis des animaux.

Il ne s’agit pas tant de la peur des conséquences légales, mais d’une prise de conscience éthique du respect de la vie ainsi que d’une démarche écologique en vue de préserver l’écosystème. En ce sens, la nouvelle stratégie politique semble porter ses fruits: «informer plutôt que réglementer».

Notre planète appartient aux animaux sauvages

L’animal peut vivre sans l’homme, mais l’homme ne pourrait pas vivre sans l’animal. Nous ne faisons pas ici référence à l’alimentation carnée (puisqu’il est possible à l’homme de se nourrir autrement), mais à un écosystème où tout animal sauvage, quel qu’il soit, a une utilité écologique et par conséquent, il doit être protégé; y compris des animaux domestiques qui, dans certains cas, constituent un réel fléau pour les espèces sauvages.

En Australie par exemple, dans la réserve de Newhaven, des barrières anti-chats ont dû être dressées pour préserver les espèces endémiques.

L’être humain se doit donc de protéger, mais aussi de gérer et de contrôler la prolifération des populations animales domestiques et surtout leurs comportements afin qu'ils ne deviennent pas nuisibles à l’écosystème. Ils doivent aussi repenser en profondeur leur manière d’interagir avec l’environnement au risque de voir disparaître, à moyen terme, bon nombre d’espèces.

Un fragile équilibre

Les abeilles, par exemple, contribuent à 80% de la pollinisation naturelle. Sans elles, nous assisterions à un effondrement de la biodiversité et à l’appauvrissement des ressources végétales naturelles.

Or, aujourd’hui, elles succombent par millions; empoisonnées par les engrais et la phytopharmacologie chimique. Le hérisson régule la présence des reptiles. Les prédateurs éliminent les proies en surnombre.

D’autres animaux sauvages, comme les cerfs, assurent le nettoyage et la «respiration» des forêts en supprimant les pousses d’arbres susceptibles d’étouffer la flore déjà en place. Les oiseaux «contrôlent» la prolifération des insectes les plus envahissants.

La Suisse: un modèle mondial

Une récente étude internationale positionne la Suisse dans le trio de tête en matière de protection des animaux, avec l’Autriche et la Grande-Bretagne (source: PSA). Les lois sont en principe respectées et les gros scandales liés à la maltraitance sont quasi inexistants chez nous. Un gros travail reste néanmoins à faire au niveau de la faune indigène.

Sur 3504 espèces d’animaux sauvages, 162 ont déjà disparu, 1219 sont en danger d’extinction à court terme, et 455 potentiellement menacées. Arrivent en tête 43 espèces de mammifères, 110 espèces d’oiseaux nicheurs, 15 espèces de reptiles et 13 espèces d’amphibiens (source: OFS 2017).

Une montée en puissance de la défense animalière  

Les futurologues des cinquante plus grandes institutions mondiales de défense des animaux s’accordent à dire que le XXIe siècle devrait voir, sinon la fin, mais en tout cas une diminution significative de la souffrance animalière, et plus particulièrement dans les milieux industriels de l’élevage et de l’abattage.

Ils affirment haut et fort que toute entreprise, organisation ou personne prise en flagrant délit de maltraitance animalière sera mise au ban de la société. Leurs moyens d’action: principalement les lanceurs d’alerte et la technologie web; pour mémoire, les bien tristes mais non moins célèbres vidéos de broyage de poussins vivants et d’abattages de bovins, de moutons, de porcs ou de chevaux sans étourdissement préalable et dans des conditions atroces.

Un engagement sans limite

Les associations et autres structures de protection animalières sont présentes et très actives dans tous les cantons. Nous n’avons pas pu en obtenir le nombre exact, mais il y a fort à parier que notre pays arrive aussi en tête si l’on effectue un ratio par millions d’habitants.

Très actives, leur mission consiste à informer et conseiller les détenteurs d’animaux, à recueillir et soigner les animaux égarés ou abandonnés, à lancer des initiatives populaires pour une meilleure protection des populations domestiques et sauvages.

Elles interviennent aussi dans les actions en justice lorsque des cas de maltraitances sont signalés. Cependant, force est de constater qu’en Suisse le taux de plaintes est relativement faible par rapport à d’autres nations.

Ainsi, pour autant qu’on fasse abstraction des questions éthiques liées à leur exploitation industrielle, nous pouvons conclure que dans notre pays, les animaux sont relativement bien protégés et traités.